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Jean-Jacques Rettig: Le Rhin Superieur - une Région-Phare du Mouvement Ecologique


Jean-Jacques Rettig: Le Rhin Superieur - une Région-Phare du Mouvement Ecologique


Mesdames, Messieurs, Chers Amis,

Vos parents et vous-mêmes avez sûrement souffert. On vous a souvent pris vos repères, vos frontières. On Vous a imposé d'autres. A nouveau, depuis quelques années, un autre monde, avec d'autres valeurs, se construit pour vous. Le risque est grand, pour nous tous, de vivre les choses en adolescents, de penser que nous sommes uniques, que notre malheur, notre bonheur, que l'injustice subie, que les nouveaux slogans proposés (ou imposés) sont uniques. Or l'unique se retrouve ailleurs, même si nous ne le savons pas. Et dans le monde entier, des individus et des groupes avides de pouvoir et de profit, cherchent à maintenir les populations dans un état d'adolescence, tout au long de leur vie, pour mieux réussir à les manipuler.

Je viens d'Alsace. Pour le moment, je suis donc citoyen français. Ma région est très belle; elle est riche matériellement et culturellement (encore). Mais son histoire a très mal commencé. En cela elle pourrait être la soeur de la Galicie. Charlemagne avait trois petits-fils qui se partagèrent son empire. Louis le Germanique eut l'Est, Charles le Chauve l'Ouest et Lothaire la longue bande du milieu qui allait du Schleswig-Holstein jusqu'à Naples. Charles et Louis signèrent le SERMENT DE STRASBOURG en 842 (Non-aggression et assistence mutuelle: cela fait penser à Hitler et Staline!) ... et bouffèrent" peu à peu le royaume de leur frère Lothaire. L'Alsace fut incorporée à la Germanie. Plus tard, Louis XIV., Roi de France rêvant de gloire, voulut des frontières plus droites et plus naturelles". Il conquit donc l'Alsace et constata, du haut du Col de Saverne: Quel beau jardin!" En 1870-71, notre Région fut reprise militairement par les Allemands, en 1918 par les Français, en 1939 par les Allemands, en 1945 par les Français... et en 1970 par l'industrie nucléaire.

Que vient faire ma petite famille dans les tourbillons de ce mic-mac géopolitico - militaro - idéologico - hypocrito - parano - - - et si peu humano - veridique?

Mon grand-père Emile était sculpteur sur pierre, protestant de confession et avait ses meilleurs amis parmi les moines Capucins du monastère catholique d'en face. Très souvent il prenait l'un ou l'autre comme modèle pour ses scultpures réalisées sur les cathédrales de Dresden, Meissen, Strasbourg, Zürich, Berne... Sa belle-soeur avait épousé un Badois (Allemand) immigré après 1870. En 1918, elle dut partir avec lui en Allemagne. Le grand-père Emile est mort dans l'Ouest de la France, où il s'est réfugié devant l'avancée de la WEHRMACHT allemande, en 1939. L'autre grand-père, encore un Emile, ferblantier de son état, savait faire de tout et de rien des jouets pour ses enfants et leur expliquait le monde en inventant des histoires, des contes, et en se baladant avec eux le long de la rivière. D'origine protestante, il avait sons entrée chez le rabbin, le curé el le pasteur du village. A cette époque, ce n'était pas rien.

Mon père, né en 1896, de prénom également Emile, est devenu très tôt un internationaliste. Enrôlé malgré lui comme soldat allemand , durant la première guerre mondiale, il a été blessé par une balle russe, en 1917, et c'est l'état français qui lui a versé une pension d'invalidité partielle jusqu'à sa mort, à l'âge de 90 ans. Bel exemple d'universalité! Très tôt il a compris que les intérêts de certains puissants, dont par exemple les magnats de l'industrie de l'armement, étaient transnationaux, donc transfrontaliers. Au fond de sa tombe, sa balle, ce petit bout de métal logé à 2cm du coeur, dans le corps en train de retourner à la poussière, nous interpelle profondément - - - et avec malice. Dans ma famille, on préférait être français, mais on voulait pouvoir parler l'alsacien et garder notre culture propre, à mi-chemin entre l'Allemagne et la France. Durant cette époque totalitaire, nous faisions toujours nettement la différence entre l'Allemand et le Nazi.

Ma mère Frédérique, née en 1901, n'a fréquenté l'école que jusqu'à 14 ans. Elle était dotée d'une volonté terrible et d'une puissance d'action remarquable. Mue par un élan humanitaire, elle a obtenu des Nazis l'autorisation de faire chaque jour la cuisine à une soixantaine de prisonniers politiques du camp de SCHIRMECK, qui travaillaient le long de la voie ferrée, durant les années 1943-44. C'était l'occasion, évidemment en cachette, de les mettre en relation avec leurs familles, de les fournir en médicaments et en nourriture supplémentaire et, avec l'aide de certains passeurs, d'organiser des évasions. J'ai vécu mes premières années dans cette ambiance de résistance, de tension souvent extrême et de danger, tout en ignorant, à l'époque, une partie des activités de ma mère et de mon oncle.

Mon frère Pierre (fini avec les Emile!) allait au lycée à Strasbourg. En 1943, alors qu'il avait 15 ans, la GESTAPO allemande est venue chercher tous les garçons de la classe pour les emmener en Allemagne et les enrôler dans l'artillerie anti-aérienne. Mon frère devint pointeur et, comme beaucoup de camarades alsaciens, faisait éclater les obus avant qu'ils ne puissent atteindre l'avion anglais ou américain ou canadien. A l'heure actuelle, il porte encore quatre cicatrices aux mollets et aux cuisses provenant des piqûres intramusculaires qu'il s'était faites avec sa propre salive, durant les derniers mois de la guerre, afin de devoir être opéré et de ne plus participer à la folie meurtrière.

Je remercie tous les membres de ma famille de m'avoir appris, par leur exemple, à dire NON à l'inacceptable, à l'inhumain, à l'injustice. Je les remercie d'avoir cultivé l'esprit critique en même temps que l'esprit de tolérance. Je les remercie de nous avoir appris à réfléchir par nous-mêmes et d'être extrêmement prudents avant de formuler des conclusions. Je les remercie de nous avoir montré le chemin pour faire éclater les frontières entre les humains, non seulement celles, rigides, des Etats, mais aussi celles de la pensées et du coeur.

Souvent les Etats se trompent au sujet des populations - - - ou veulent se tromper, parce que ça les arrange. Ainsi, chez nous en Alsace, sous Hitler, il était défendu de parler ou de chanter en français, sous peine d'emprisonnement. Tous les livres français furent ramassés et passèrent au pilon. Mais quand, en 1945, l'Alsace redevint française, le Gouvernement central parisien exerça également une pression certaine sur les Alsaciens pour qu'il abandonnent leur dialecte. On vit fleurir, dans tous les lieux publics et dans les bus, des pancartes disant C'EST CHIC DE PARLER FRANÇAIS, alors que dans les écoles il était strictement interdit de parler l'alsacien, même dans la cour. L'héritage culturel germanique devait disparaître. L'Etat jacobin français a mis jusqu'en 1990-91 pour comprendre qu'un vrai bilinguisme en Alsace était un atout non seulement culturel mais également commercial et économique pour le pays.

Autre exemple d'incompréhension: Après la guerre de 1939-45 l'Etat français classa mes parents et ma famille en général dans la catégorie des patriotes, c'est-à-dire dans le sens nationaliste inconditionnel, vu leur attitude et leurs agissements antinazis. Aussi, au moment où je fus appelé à participer à la guerre d'Algérie, pendant 25 mois, de 1960 à 1962, me versa-t-on dans un service de renseignement (espionnage téléphonique et censure de la Presse) étant donné que les Rettig servaient la France à n'importe quel prix.

Or, les Grosses Têtes dirigeantes s'étaient trompées. Mes parents et mon frère avaient agi par réflexion personnelle, humanisme et antitotalitarisme et non pas au nom d'un nationalisme bêlant et obtus. Ainsi, en Algérie, je me suis vu obligé de saboter mon travail par ma réflexion et mes choix, j'ai laissé passer beaucoup d'informations que normalement il fallait censurer, et je n'ai pas signalé les fellaghas, les soldats de libération de l'Algérie, que j'avais repérés par les écoutes téléphoniques. Je ne signalais que les préparatifs directs d'attentats. Des choix pas toujours faciles. Mes motivations étaient les mêmes que celles de mes parents et de mon frère.

Ainsi le plus grand handicap, pour un Etat malhonnête, aventurier, colonialiste, opportuniste, belliqueux, fasciste, à tendance totalitaire ou antidémocratique, etc - - - - -(Ce n'est qu'une liste d'exemples, car la France n'était pas tout cela à la fois), c'est la non-adhésion passive et active de sa propre population.

Venons-en plus précisément aux thèmes annoncés dans le titre de mon exposé: le régionalisme et le mouvement écologique. Je tenais simplement à montrer, dans un premier temps, que les joies, les peines, les actions, les réactions humaines ne sont pas des éléments isolés dans l'espace et le temps. L'Alsace et la Galicie sont plus soeurs qu'éventuellement vous ne le soupçonniez. L'attitude de vos parents, de notre entourage nous conditionne, nous façonne plus que nous ne le pensons. Tout est maillon d'une chaîne, d'une interaction. Il est bon de s'en rappeler. J'aimerais insister sur le fait que très souvent les populations ont été induites en erreur (regardez le drame yougoslave ou bosniaque!), trompées, excitées les unes contre les autres, alors qu'elles avaient et ont toujours intérêt à se rencontrer, à apprendre la langue de l'autre, à se parler, à coopérer, à s'entraider, à se respecter dans leurs particularités.

Je ne citerai que deux exemples de ces fausses valeurs qui ont fait couler tellement de sang et généré tellement de malheur: L'HONNEUR NATIONAL et L'ENNEMI HÉRÉDITAIRE. Au 19e et dans la première moitié du 20e siècle, les intellectuels, les politiques, les militaires et même les industriels en ont usé et abusé. Qu'un sang impur abreuve nos sillons", lançait la France dans son hymne national. Et Deutschland über alles", annonçait l'Allemagne. Et la petite Alsace se trouvait entre les deux, comme entre deux parents divorcés qui s'arrachent leurs enfants.

Mille bon sang de sabord, n'étiez-vous pas fichus de voir plus loin que votre front borné?! Ne pouviez-vous pas vous défaire de vos idées étriquées et meurtières?! De Gaulle voulait une Europe de l'Atlantique à l'Oural". Avec Adenauer il travailla à la réconcilation de l'Allemagne et de la France. Et puis il y avait l'ennemi commun, l'Union Soviétique, contre qui il fallait serrer les coudes. Mais la base, les deux populations se rencontraient elles? S'apprivoisaient-elles? Faisaient-elles des choses en commun, spontanément, en dehors de la surveillance et du cadre officiels? Prenaient-elles leur destin de voisins en main? La réponse est malheureusement négative.

Il y eut Mai 68" qui déferla sur l'Europe de l'Ouest, avec ses maladresses certes, mais aussi avec ses questions vitales, sa notion de participacion, de critique de l'autorité pure et dure, de paternalisme, de l'exploitation des travailleurs, de l'idéal de vie que nous proposait la société industrielle du capitalisme libéral à outrance. Les Jeunes et beaucoup de moins Jeunes se mirent à rêver d'une révolution humaniste. De Gaulle, après beaucoup d'hésitation, alla à Baden-Baden s'assurer de l'appui de Général Massu, chef des armées françaises stationnées en Allemagne. Le Parti Communiste français, et son syndicat la CGT, eurent peur de se faire dépasser sur leur aile gauche et composèrent avec le Gouvernement. Mai 68" avait vécu... et l'on se remit au travail.

Pourtant la dimension politique de la réflexion ne fut pas perdue. Et à partir de 1970 elle s'enrichit d'une dimension écologique. Il devint de plus en plus clair que nos sillons" n'avaient plus besoin de s'abreuver du sang impur", puisqu'ils étaient déjà saturés d'engrais chimiques, de pesticides, d'herbicides, de métaux lourds, de retombées radioactives. Et le Deutschland über alles" dut battre en retraite, puisque les problèmes étaient devenus planétaires! Il fallait sauver les mers, les océans, les forêts, les cours d'eau, l'air, les forêts tropicales, le Capital génétique (et cela continue à l'heure actuelle). Il fallait lutter contre la menace de la surpopulation.

Par exemple le cloaque hyperpollué et nauséabond qu'était devenu le Rhin était à la fois suisse, français, allemand, néerlandais. Il ne suffisait plus que les officiels nationaux se renvoient la balle des responsabilités; il fallait que les riverains retroussent les manches et mettent en place des dispositions pratiques. Les communes, les industries, les stations de pompage, les pêcheurs, les agriculteurs, tous les interessés et utilisateurs devaient se parler et chercher des solutions. Cela n'a jamais été facile, car les interêts à court terme étaient souvent divergents. Il fallut la catastrophe nommée TCHERNO-BÂLE, où une usine chimique de Bâle (en Suisse) empoisonna tout le fleuve, pour donner à tout le monde l'électrochoc nécessaire à la prise de décisions draconiennes.

L'Alsace avait toujours une forte relation à la Nature. Mais l'Alsacien est gentil" et correct" par essence. Il lui a fallu apprendre à se hisser au niveau de la critique politique (pas toujours negative), à hausser le ton, à prendre lui-même son destin en main (il a tellement souvent changé de maître"!). Des technocrates nationaux et bruxellois planifiaient d'industrialiser à outrance le couloir rhénan, de Rotterdam à Bâle, et de déplacer les zones d'habitation dans les montagnes (Vosges, Forêt Noire). L'énergie, pour faire tourner ces usines, devait être produite par d'immenses parcs des réacteurs nucléaires. Avec ce que nous savions sur les méfaits de la pollution chimique, de la pollution radioactive, c'était maintenant qu'il fallait oser, qu'il fallait agir, qu'il fallait informer les populations et s'opposer aux projets démoniaques et mégalomanes.

Comme le trait d'union de ces projets était le Rhin, ce fleuve devint aussi occasion de nouvelles rencontres entre les populations badoises, alsaciennes et suisses. On créa des comités, des associations de défense. On informa; on occupa des terrains de construction, nuit et jour; on mena des procès contre les firmes, contre l'Etat; on vecut une coopération transfrontalière réelle...; et tout le monde découvrit la communauté d'intérêts des populations de la Région, mesurée aux réalités écologiques, souvent culturelles, parfois linguistiques et toujour humanitaires. Le mouvement écologique ne veut pas abolir l'Etat, dissoudre les cultures, les pays dans un magma informe, sans saveur, sans traditions, sans cohésion sociale. Bien en contraire! Mais il a toujours plaidé pour une vision d'ensemble des problèmes et des solutions à apporter. Pour que les discours creux soient dépassés, pour que les fleuves, les nappes phréatiques, les forêts, les sols, l'air, la santé des gens soient sauvés, il faut que les Etats abandonnent une bonne partie de leur rigidité et se soucient sincèrement des conséquences de leurs actes sur les populations et les pays voisins. La France, le pays où j'habite, à bien des égards, a encore beaucoup de progrès à réaliser.

A travers nos luttes, ceux qui en avaient encore besoin ont découvert que les vraies frontières n'étaient pas celles que les puissants avaient placées entre les populations de nos pays respectifs mais celles qui existaient et existent encore, souvent invisibles, à l'intérieur de chaque pays, entre les populations et les lobbies, les groupes d'intérêts. Je me rappellerai toujours de ce vigneron badois (donc allemand) après des mois d'action et d'occupation communes de terrain - donc aussi des mois d'échanges et d'apprivoisement avec une foule d'Alsaciennes et d'Alsaciens - , qui lança: J'ai découvert que nous sommes des frères, que nous sommes faits pour vivre ensemble, que les politiques et les grands meneurs du passé nous ont menti. Quand je pense que nous avons tiré les uns sur les autres par-dessus le Rhin! Quelle folie! Si nos grands messieurs de Bonn et de Paris veulent remettre cela un jour, nous dirons NON, nous ne marcherons pas, car nous avons vécu autre chose."

Puissent ces bonnes résolutions s'étendre au monde entier (elle est tellement petite, notre planète!). Puisse la mémoire ne pas être défaillante. Je vais maintenant essayer de résumer 6 cas de lutte dont la Région du Rhin Supérieur a été le théâtre. Je vous parle donc d'une période qui s'étend, grosso modo, de 1970 à 1980, avec un certain nombre de prolongements durant les années 80.

  • 1.En juillet 1970 est rendu publique la construction de 2 réacteurs nucléaires à FESSENHEIM en Alsace. C'est le seul projet du genre qui a pu être réalisé dans la Plaine du Rhin Supérieur. Les réacteurs 3 et 4, prévus également pour ce site, ont pu être évités. La lutte contre 1 et 2 continue et se terminera par leur fermeture, avec l'amorce de la sortie du nucléaire français.

  • 2.Au printemps 1971, le Gouvernement de Baden-Württemberg annonce la construction de 4 réacteurs à BREISACH, sur le rive droite du Rhin, en Pays de Bade. Une opposition grandissante et inattendue de la population a raison du projet, en mai 1973.

  • 3.En été 1974, les CHEMISCHE WERKE MÜNCHEN, une firme allemande, veulent implanter à MARCKOLSHEIM, du côté alsacien, à 15 km en aval de BREISACH, une usine de stéarates de plomb. Ce projet a été refusé auparavant par trois autres communes allemandes et françaises. Une occupation du terrain de construction, par la population, pendant 5 mois, met fin au projet.

  • 4.Fin 1973, le projet nucléaire, avorté à BREISACH, resurgit à WYHL (Pays de Bade), entre BREISACH et STRASBOURG. Des manifestations, des conférences-débats, la confrontation massive avec la police, l'occupation du terrain (plus de 1 an), des procès - - - et une pression populaire inlassable arrivent à faire plier la BADENWERK A.G. et le Land de Baden-Württemberg. Pas de centrale nucléaire à WYHL!

  • 5.Dès 1966, MOTOR COLUMBUS A.G. veut installer une centrale nucléaire à KAISERAUGST, en Suisse, à 19 km en amont de BÂLE, sur le Rhin. Beaucoup de réunions, de contre-réunions, de votes et de discussions, comme la tradition et la Constitution suisses le permettent. Ce n'est qu'en 1970 que les populations alsaciennes et badoises prennent connaissance du projet nucléaire suisse. Le 24 mars 1975, début des travaux. Le 1er avril 1974 blocage des travaux et occupation du terrain par les populations et les comités, jusqu'au 19 mai 1975. Aujourd'hui la centrale n'est toujours pas construite.

  • 6.A cette époque, il existe toute une liste de sites envisageables, sur le Rhin Supérieur, pour des centrales nucléaires. En décembre 1976, ÉLECTRICITÉ DE FRANCE (EDF) fait dresser, sur un terrain de GERSTHEIM (Alsace), entre WYHL et STRASBOURG, un mât météorologique, signe avant-coureur de l'implantation d'une centrale nucléaire. En effet, chez le Maire et son premier Adjoint se trouvent des plans avec 4 réacteurs de 1300 Megawatts électriques chacun. Occupation du terrain pendant 7 mois. Démontage du mât. Le projet nucléaire est maintenant connu de tous. Les populations sont entraînées. Le projet est refusé.


Ces six champs de lutte et d'engagement écologiques ont été, comme dit plus haut, une école de vie, de civisme, de responsabilisation individuelle et collective, de prise de conscience des valeurs de base, de développement des capacités de chacun. La caste des décideurs et de ceux qui disposent généralement de la vie et du destin des gens a été confrontée à des populations éveillées, inventives, pétillantes, courageuses, profondément non-violentes et citoyennes. Les technocrates et utopistes du développement à outrance ont dû tenir compte du bon sens des populations honnêtes.

Ces actions ont été et à l'avenir continueront à être transfrontalières, n'en déplaise aux nationalistes et autres semeurs de haine et de division. L'amour et le respect justifiés des éléments naturels (eau, air, sols, espace - - - ), conditions nécessaires d'une existence viable, incluent l'amour et le respect du voisin, le partage des sa culture, l'apprentissage de sa langue. Nous avons répondu par un grand éclat de rire au Préfet de la Région Alsace, Monsieur Sicurani, qui voulait interdire aux Allemands de la rive droite du Rhin de passer la frontière pour nous aider à lutter, en Alsace, contre le projet allemand (!) d'une usine à plomb. En un rien de temps , le pont sur le Rhin a été occupé et bloqué par les Français et les Allemands, ne laissant passer plus aucun trafic. Le Préfet dut faire marche-arrière, pris au piège de sa propre injustice. L'argent et la pollution ne conaissent pas de frontières. Pourquoi les populations se laisseraient-elles séparer?!

A cette époque, le thème de l'écologie était tout à fait nouveau, et nos rebellions contre des projets criminels, mettant la santé publique en danger, ont été inattendues. Ce sont les évènements relatés et nos actions qui ont fait entrer la réflexion écologique dans la conscience des gens. Pendant des années, toutes les idées et initiatives venaient d'en bas. Aucun parti politique ne s'était penché sérieusement sur la question - - - et encore moins engagé. Les communistes, par exemple, orientés vers Pékin ou vers Moscou, voulaient bien participer à la popularité de la révolte, ici, à l'Ouest, mais étaient obligés de se montrer favorables au nucléaire de leur patrie idéologique. Dans l'ensemble, nos hommes politiques, du Maire jusqu'au Député, ont été très peu au courant des questions écologiques. Pendant longtemps cela ne payait pas; et puis pourquoi se mettre en difficulté vis-à-vis des thèses officielles?! Les politiques, s'ils ne sont pas poussés aux fesses par la base, restent pour la plupart très classiques et carriéristes.

Des trois pays dont nous parlons, c'est la France qui a le plus à lutter contre la politique du secret. Laisser discutailler" le peuple, mais réaliser, coûte que coûte, ce que les grands esprits de l'ÉCOLE NATIONALE DE L'ADMINISTRATION, de POLYTECHNIQUE et du SERVICE DES MINES concoctent dans les coulisses. En matière de nucléaire, par exemple, toutes les décisions se prennent par décrets gouvernementaux et non par votes au Parlement. Ne pense pas, accepte et tais-toi! Durant ces années de lutte, nous, associations et populations badoises, suisses et alsaciennes, avons pu apprendre une foule de choses.

Il a été de la plus haute importance que nous ayons réussi à unir, dans les mêmes actions, Jeunes et Vieux, gens de la ville et habitants des campagnes, intellectuels et manuels, scientifiques et artistes - - -, car nos adversaires avaient intérêt à diviser les populations, à créer des scissions, afin de mieux régner et faire passer leurs projets. Cette confiance réciproque a dû être construite avec doigté et beaucoup de patience. Chacun a appris, chacun a dû s'ouvrir et relativiser ses valeurs propres. Le soi-disant Communiste est devenu moins diabolique (problème pour les Allemands); le paysan et virgneron est devenu un peu étudiant; l'étudiant a goûté le terroir, a appris à manier la fourche et la hache - - - et à parler plus simplement.

Dans le cadre de l'affaire de Wyhl
a été créée l'Universitaire Populaire WYHLER WALD, qui animait culturellement d'abord le terrain occupé, puis, pendant des années, les communes des alentours. Richesse des thèmes abordés, diversité des intervenants, non seulement Allemands et Francais, mais également des scientifiques américains, des Indiens d'Amérique, des moines bouddhistes, des médecins de l'Iran, des écologistes du Brésil. Une fraternité pragmatique et fertile.

A l'opposé du SERMENT DE STRASBOURG, signé en 842, et dont je vous ai parlé au début, dans le cadre de la lutte de Gerstheim, 60 communes ont souscrit, devant les médias français et allemands, un pacte d'entraide et d'assistance mutuelles pour mettre en échec le projet nucléaire. Contrairement à Charles le Chauve et Louis le Germanique, nous n'avions pas d'arrière-pensées inavouables; nous agissions dans l'intérêt des habitants de cette Région et de leurs descendants. Ce fut le SERMENT POPULAIRE DER GERSTHEIM. Nous avons aussi appris que la réussite appelle d'autres réussites. Car beaucoup de gens ne vous rejoignent que s'ils voient qu'on peut être gagnant.

Par ailleurs, la lutte de Fessenheim, toujours en cours, nous a clairement montré que, pour avoir des chances de gagner, if faut avoir une partie, au moins, des habitants de la commune concernée avec soi. Il ne suffit pas de manifester par milliers de personnes venant de l'extérieur. C'est la raison pour laquelle les industriels cherchent à acheter les gens de la commune d'implantation. Ceci devrait aussi être vrai chez nous. Il ne suffit pas non plus de tourner en vase clos, entre écologistes. Il faut réveiller et intéresser toutes les composantes d'une population, sinon on est marginalisé. Des milliers de personnes de notre région ont pu toucher du doigt que les technocrates et des spécialistes" sont prêts à répandre des mensonges et des demi-vérités, par discipline professionelle, par appât du gain, par simple appartenance à une caste. Ces personnes du peuple ne s'en laissent plus conter; elles n'ont plus de sentiment d'infériorité; elles savent maintenant parler en public et démasquer les vendus".

Est-il besoin de le dire? Il n'y avait rien à gagner financièrement à travers nos actions de longue haleine. Au contraire, énormément de gens y ont mis de l'argent de leur poche, selon leurs moyens. Comme la naissance, la mort, l'amour, la joie, le lever du soleil, le paysage agréable... notre démarche était et reste gratuite. Mais il est normal que de plus en plus de personnens gagnent, à l'avenir, leur vie en fabriquant des capteurs solaires, des éoliennes, des installations photovoltaiques, des installations de cogénération, des isolants, etc.... Car nous ne voulons pas uniquement savoir dire NON. Notre rôle est aussi de proposer autre chose à la place. Ainsi, par exemple, des turbines à gaz remplaceraient avantageusement les réacteurs de Tchernobyl, même si FRAMATÔME, SIEMENS, ELECTRICITÉ DE FRANCE veulent absolument vous rendre de nouveaux réacteurs nucléaires. Ne soyez pas dupes: TOUT CE QUI BRILLE A L'OUEST N'EST PAS OR! Si l'on attend d'être payé pour sauver la branche sur laquelle on est assis, cela ira très mal.

Ah, j'allais oublier! Un jour, un professeur d'histoire et homme politique d'Alsace a publié un article de journal, où il disait que nous, les antinucléaires, étions payés par le KGB. Nous lui avons intenté un procès en diffamation... et avons gagné.

Un des principes de nos luttes a toujours été la non-violence
. Pourquoi? D'abord parce que nos adversaires ont plus de moyens pour être vraiment violents. Ils envoient d'autres pour exécuter la sale besogne. Ensuite parce que nous pensons que la violence ne transforme pas les humains. Si nous sommes violents, nous fournissons à l'adversaire toutes les justifications pour l'être encore plus que nous. Par contre, si nous choisissons l'autre voie, nous lui offrons l'occasion de réfléchir et de se transformer ou, s'il persiste, de révéler publiquement son vrai visage d'injustice et de perdre peu à peu la sympathie des gens. Le Ministre-Président de Baden-Württemberg, Hans Filbinger, à travers l'affaire de Wyhl, en a fait l'expérience. Ses mensonges et sa violence policière lui ont brisé la nuque. Il n'a pas voulu se transformer. La démarche non-violente exclut cependant la naïveté et la mollesse; au contraire, elle fait appel à la finesse d'analyse, à la créativité , à la mobilité, à la psychologie, au courage lucide, à l'esprit de solidarité. Il n'est pas interdit d'exploiter la force de l'adversaire pour éventuellement arriver à la neutraliser. La recherche du dialogue est toujours conseillée. On a intérêt à ménager une porte de sortie à l'adversaire. Notre but n'a pas à être la haine mais la vérité et la justice. La juste colère a sa place dans un tel processus, car la seule froide raison ne peut pas faire franchir à tout le monde le fossé qui existe entre la pensée et l'acte. Mais cette colère doit rester maîtresse d'elle-même et ne jamais oublier le but ultime. On peut dire également que plus le nombre de participants actifs est grand, moins il est aisé pour l'adversaire de passer outre au mouvement. Enfin, la pratique a révélé qu'il vaut toujours mieux avancer sur deux ou plusieurs voies (information, dialogue, actions directes, occupation, procès, participation à des élections, etc. ...) que sur une seule, car l'adversaire cherchera toujours à nous contrer ou à nous contourner.

Je m'arrête là. Et pourtant le vécu a été à la fois bien plus astreignant et bien plus riche que ce que j'ai pu essayer de vous faire entrevoir à travers mon exposé.

Je vous remercie de votre attention.
Jean-Jacques Rettig





Der Regionalismus der 70er Jahre


Meine Damen, meine Herrn, liebe Freunde,
gewiß haben Ihre Eltern und Sie selbst gelitten. Oft hat man Ihnen Ihre Marksteine genommen, Ihre Grenzen. Man hat Ihnen andere aufgezwungen. Seit einigen Jahren bildet sich für Sie von neuem eine andere Welt mit anderen Werten. Wir alle laufen Gefahr, die Dinge unerwachsen zu erleben, zu denken, wir seien einzig, unser Unglück, unser Glück, das erlittene Unrecht, die neuen Slogans, die aufkommen (oder aufgezwungen werden), seien einzig. Aber das scheinbar Einzigartige findet sich auch anderswo, selbst wenn wir es nicht wissen. Und in der ganzen Welt trachten macht- und profitgierige Einzelne und Gruppen danach, die Bevölkerungen lebenslang in einem unerwachsenen Zustand zu halten, um sie besser manipulieren zu können.

Ich komme aus dem Elsaß. Zur Zeit bin ich demnach französischer Bürger. Meine Region ist sehr schön; sie ist materiell und kulturell (noch) reich. Aber ihre Geschichte hat sehr schlecht angefangen. In dieser Hinsicht könnte sie eine Schwester Galiziens sein. Karl der Große hatte drei Enkel, die sein Reich aufteilten. Ludwig der Deutsche bekam den Osten, Karl der Kahle den Westen und Lothar den langen Streifen dazwischen, der von Schleswig-Holstein bis Neapel ging. Karl und Ludwig unterzeichneten im Jahr 842 den SCHWUR VON STRASSBURG (Nichtangriffspakt und die Garantie gegenseitige Hilfe: das erinnert an den Hitler-Stalin-Pakt!) ... und dann "verspeisten" sie nach und nach das Reich ihres Bruders Lothar. Das Elsaß wurde Deutschland einverleibt. Später dann wünschte sich der ruhmsüchtige französische König Ludwig XIV. gradlinige und "natürliche" Grenzen. Also eroberte er das Elsaß und erklärte von der Zaberner Steige herab: "Was für ein schöner Garten!" 1870-71 wurde unsere Region militärisch von den Deutschen eingenommen, 1918 von den Franzosen, 1939 von den Deutschen, 1945 von den Franzosen... und 1970 von der Atomindustrie.

Was hat nun meine kleine Familie in den Strudeln dieser geopolitischen – militärischen – ideologischen – heuchlerischen – paranoiden – und so wenig wirklich menschlichen Intrigen gemacht?

Mein Großvater Emil war Steinmetz, ein Protestant, und er hatte seine besten Freunde unter den Kapuziner-Mönchen des katholischen Klosters gegenüber. Häufig nahm er den einen oder anderen als Modell für seine Skulpuren, die er für die Kathedralen von Dresden, Meißen, Straßburg, Zürich, Bern herstellte... Seine Schwägerin hatte einen Badener (Deutschen) geheiratet, der nach 1870 eingewandert war. 1918 mußte sie dann mit ihm nach Deutschland auswandern. Der Großvater Emil starb im Westen Frankreichs, wohin er sich 1939 vor der deutschen WEHRMACHT geflüchtet hatte. Der andere Großvater, auch ein Emil, Klempner von Beruf, konnte aus allem und nichts Spielzeug für seine Kinder machen, und er erklärte ihnen die Welt, indem er Geschichten erfand und bei den Spaziergängen am Flußufer erzählte. Selbst protestantischer Herkunft, ging er doch ein und aus beim Rabbi, beim katholischen Priester und beim evangelischen Pastor. Damals war das nichts besonderes.

Mein Vater, geboren 1896 und ebenfalls mit dem Vornamen Emil geschmückt, wurde sehr früh ein Internationalist. Eingezogen wider Willen während des ersten Weltkriegs wurde er 1917 als deutscher Soldat verwundet von einer russischen Kugel, und es war dann der französische Staat, der ihm bis zu seinem Tod im Alter von 90 Jahren eine Invalidenrente zukommen ließ. Schönes Beispiel der Universalität! Sehr früh hat er verstanden, daß die Interessen gewisser Machthaber, z.B. der Magnaten aus der Rüstungsindustrie, transnational waren, also grenzüberschreitend. Aus seinem Grab schickt uns seine Kugel, dieses kleine Metallstück 2 cm neben seinem Herzen, in dem Körper, der sich in Staub verwandelt, eine tiefe und schelmische Mahnung zu. In unserer Familie war man durchaus französisch, aber man wollte Elsässisch sprechen dürfen und unsere eigene Kultur auf halbem Weg zwischen Deutschland und Frankreich bewahren. Während der totalitären Epoche unterschieden wir immer ganz klar zwischen dem Deutschen und dem Nazi.

Meine Mutter Friederike, geboren 1901, ging nur bis zum 14. Lebensjahr in die Schule. Sie war ausgestattet mit einer unglaublichen Willenskraft. Angetrieben von einem humanitären Elan hatte sie bei den Nazis erreicht, daß sie täglich sechzig politische Gefangene vom Lager SCHIRMECK bekochen durfte. Die Gefangenen arbeiteten in den Jahren 1943-44 an den Eisenbahngeleisen. Bei dieser Gelegenheit stellte sie – selbstverständlich heimlich – Verbindung zwischen den Gefangenen und ihren Familien her, besorgte Medikamente und Zusatznahrung und organisierte mit Hilfe einiger Führer kleine und größere Fluchten.

Mein Bruder Pierre (Schluß jetzt mit den Emils!) ging aufs Gymnasium in Straßburg. 1943, als er gerade 15 Jahre alt war, holte die GESTAPO alle Jungs aus der Klasse und brachte sie nach Deutschland, um sie dort in die Flugabwehr (FLAK) einzugliedern. Mein Bruder wurde Richtkanonier und er sorgte dafür (wie viele seiner elsässischen Kameraden auch), daß die Geschosse krepierten, bevor sie ein englisches oder amerikanisches oder kanadisches Flugzeug treffen konnten. Heute noch hat er vier Narben an der Wade und am Hintern, wo er sich während der letzten Kriegsmonate seinen eigenen Speichel eingespritzt hatte, um operiert zu werden und nicht länger an dem mörderischen Wahnsinn teilnehmen zu müssen.

Ich danke allen Mitgliedern meiner Familie, daß sie mich mit ihrem Beispiel gelehrt haben, NEIN zu sagen zum Inakzeptablen, zum Inhumanen, zur Ungerechtigkeit. Ich danke ihnen, daß sie sowohl die kritische als auch die tolerante Geisteshaltung kultiviert haben. Ich danke ihnen, daß sie uns gelehrt haben, selbständig zu denken und nur außerordentlich vorsichtig irgendwelche Schlußfolgerungen zu ziehen. Ich danke ihnen, daß sie uns einen Weg gezeigt haben, wie man die Grenzen zwischen den Menschen sprengen kann, nicht nur jene starren der Staaten, sondern auch die der Gedanken und der Herzen.

Oft täuschen sich die Staaten über ihre Bevölkerungen – oder sie wollen sich täuschen, weil es ihnen so in den Kram paßt. So wurde uns z.B. im Elsaß während der Hitlerzeit unter Androhung von Gefängnisstrafen verboten, französisch zu sprechen oder zu singen. Alle französischen Bücher wurden eingesammelt und eingestampft. Aber als dann 1945 das Elsaß wieder französisch wurde, übte die französische Zentralregierung ebenfalls einen gewissen Druck auf die Elsässer aus, um sie dazu zu bewegen, ihren Dialekt aufzugeben. An allen öffentlichen Orten und in den Bussen sah man Aufkleber mit dem Slogan FRANZÖSISCH REDEN IST CHIC; während in den Schulen das strikte Verbot herrschte, elsässisch zu reden, sogar in den Hofpausen. Das germanische Kulturerbe sollte verschwinden. Der jakobinische französische Staat hat bis 1990-91 gebraucht, um zu begreifen, daß eine wirkliche Zweisprachigkeit im Elsaß für das Land nicht nur eine kulturelle Trumpfkarte ist, sondern auch eine kommerzielle und ökonomische.

Ein anderes Beispiel für Verständnislosigkeit: Nach dem zweiten Weltkrieg klassifizierte der französische Staat meine Eltern und meine Familie ganz generell in die Kategorie der PATRIOTEN (wohlbemerkt im bedingungslos nationalistischen Sinne!) wegen ihrer Haltung und ihre Aktivitäten gegen die Nazis. Infolgedessen, als ich dann für 25 Monate (1960-62) in den Algerienkrieg eingezogen wurde, holte man mich in den Nachrichtendienst (Abteilung Telephon-Spionage und Pressezensur), weil man davon ausging, daß die Rettigs Frankreich um jeden Preis dienen würden.

Nun, die regierenden Großkopfeten hatten sich getäuscht. Meine Eltern und mein Bruder hatten gehandelt aus persönlicher humanistischer und antitotalitärer Überzeugung und keineswegs im Namen eines blökenden und stumpfsinnigen Nationalismus. Infolgedessen sah ich mich in Algerien verpflichtet, meine Arbeit durch Reflexion und freie Entscheidung zu sabotieren, ich ließ viele Informationen durchgehen, die ich eigentlich hätte zensieren müssen, und ich habe die Fellaghas (Soldaten der FLN) nicht denunziert, die ich durch meine telefonischen Lauschangriffe ausfindig gemacht hatte. Ich habe nur Informationen über direkte Vorbereitungen zu Attentaten weitergegeben. Entscheidungen, die nicht immer leicht fielen. Meine Motivation war dieselbe wie die meine Eltern und meines Bruders.

Das größte Handicap für einen unehrlichen Staat, der ein Abenteurer ist, opportunistisch, kriegslüstern, faschistisch, tendenziell totalitär oder antidemokratisch etc. – (das ist nur eine Listen von Beispielen, denn Frankreich war das alles nicht gleichzeitig), das ist die passive oder aktive Verweigerung der Zustimmung durch die eigene Bevölkerung.

Wir nähern uns nun dem Thema, das ich im Titel angegeben habe: Regionalismus und Ökologiebewegung. Ich wollte nur zunächst einmal zeigen, daß die Freuden, die Schmerzen, die Handlungen, die menschlichen Reaktionen keine in Raum und Zeit isolierte Elemente sind. Das Elsaß und Galizien sind vielleicht enger verschwistert, als Sie vermuten. Die Haltung unserer Eltern und unserer Umwelt conditioniert uns, formt uns mehr als wir denken. Alles ist Glied einer Kette, einer Interaktion. Es ist gut, sich daran zu erinnern. Ich insistiere auf der Tatsache, daß sehr oft die Völker zu Irrtümern verführt worden sind (denken Sie nur an das jugoslawische oder bosnische Drama!), getäuscht, gegeneinander aufgehetzt, obwohl sie doch ein Interesse hatten und haben, sich zu begegnen, die Sprache des anderen zu lernen, miteinander zu reden, zusammenzuarbeiten, sich zu helfen, sich in ihren Besonderheiten zu respektieren.

Ich nenne nur zwei Beispiele für diese falschen Werte, die soviel Blutvergießen und Unglück verursacht haben: DIE NATIONALE EHRE und DER ERBFEIND. Im 19. und in der ersten Hälfte des 20.Jahrhunderts haben die Intellektuellen, die Politiker, die Militärs und sogar die Industriellen diese Ideen gebraucht und mißbraucht. "Daß ein unreines Blut unsere Furchen tränken möge!" sang Frankreich in seiner Nationalhymne. Und "Deutschland über alles!" kündigte Deutschland an. Und das kleine Elsaß befand sich zwischen beiden, wie zwischen zwei geschiedenen Eltern, die sich gegenseitig ihre Kinder entreißen wollen.

Warum in drei Teufels Namen seid ihr nicht imstande, den Blick über euer Schüssel Rand zu heben?! Könnt ihr euch nicht lösen von euren bornierten und mörderischen Ideen?! De Gaulle wollte ein "Europa vom Atlantik bis zum Ural". Mit Adenauer zusammen arbeitete er an der Versöhnung zwischen Deutschland und Frankreich. Und dann gab es den gemeinsamen Feind, die Sowjetunion, gegen den man sich zusammenschließen mußte. Aber die Basis, die beiden Bevölkerungen, trafen sie sich? Lernten sie den Umgang miteinander? Unternahmen sie gemeinsame Dinge, spontan, außerhalb der Überwachung und des offiziellen Rahmens? Nahmen sie ihr Schicksal als Nachbarn in die eigene Hand? Die Antwort ist leider negativ.

Es gab den "Mai 68", der über Westeuropa brandete, mit seinen Ungeschicktheiten, gewiß, aber auch mit seinen lebendigen Fragen, seinem Begriff der Partizipation, seiner Kritik an der bloßen verhärteten Autorität, am Paternalismus, an der Ausbeutung der Arbeiter, am Lebensideal, das uns die kapitalistische Industriegesellschaft mit ihrem ungezügelten Liberalismus vorschlug. Die Jungen und viele etwas weniger Junge begannen von einer humanistischen Revolution zu träumen. Nach langem Zögern begab sich De Gaulle nach Baden-Baden, um sich der Unterstützung durch General Massu zu vergewissern, der den Oberbefehl über die in Deutschland stationierten Truppen hatte. Die Kommunistische Partei Frankreichs und ihre Gewerkschaft, die CGT, bekamen Angst, sie könnten links überholt werden, und machten gemeinsame Sache mit der Regierung. "Mai 68" hatte gelebt... und man ging wieder an die Arbeit.

Gleichwohl ging die politische Dimension des Denkens nicht verloren. Und seit 1970 erweiterte es sich um die ökologische Dimension. Es wurde immer klarer, daß "unsere Furchen" nicht mit "unreinem Blut" getränkt werden mußten, denn sie waren schon gesättigt mit chemischem Dünger, mit Pestiziden, Herbiziden, Schwermetallen, radioaktivem fallout. Und "Deutschland über alles" mußte zum Rückzug blasen, denn die Probleme hatten längst ein planetarisches Ausmaß angenommen! Man mußte die Meere retten, die Wälder, die Wasserläufe, die Luft, die tropischen Regenwälder, das genetische Kapital (und das alles geht weiter bis zum heutigen Tag). Und man mußte kämpfen gegen die Gefahr der Überbevölkerung.

So war zum Beispiel diese hochvergiftete und ekelerregende Kloake namens Rhein sowohl schweizerisch als auch französisch, deutsch und holländisch. Es genügte nicht mehr, daß sich die nationalen Offiziellen gegenseitig den Ball der Verantwortlichkeit zuschoben; jetzt mußten alle Anrainer die Ärmel hochkrempeln und praktische Maßnahmen ergreifen. Die Kommunen, die Industrie, die Fischer, die Bauern, alle Interessierten und Benutzer mußten miteinander reden und Lösungen suchen. Das war noch niemals leicht gewesen, denn die kurzfristigen Interessen gehen oftmals auseinander. Es bedurfte erst einer Katastrophe, genannt TSCHERNO-BASEL, als eine Chemiefabrik in Basel (Schweiz) den ganzen Fluß verseuchte, damit die Leute quasi unter einem notwendigen Elektroschock zu drastischen Maßnahmen bereit wurden.

Das Elsaß hatte schon immer eine starke Beziehung zur Natur. Aber der Elsässer ist in seinem Wesen "nett" und "korrekt". Er mußte lernen, sich zur politischen Kritik aufzuschwingen (nicht immer negativ), den Ton anzuheben, sein Schicksal selbst in die Hand zu nehmen (er hat schon so oft seine "Meister" gewechselt!). Die nationalen und die brüsseler Technokraten planten in ihrer Maßlosigkeit, das gesamte Rheintal von Rotterdam bis Basel zu industrialisieren und die Wohngebiete ins Gebirge (Vogesen, Schwarzwald) abzuschieben. Die von der Industrie benötigte Energie sollte in riesigen "Parks" mit Atomkraftwerken gewonnen werden. Nach allem, was wir wußten über die Gefahren der chemischen Umweltzerstörung und der radioaktiven Verseuchung, war uns klar: Jetzt mußte man etwas wagen, handeln, die Bevölkerung informieren und sich diesen dämonischen und größenwahnsinnigen Projekten widersetzen.

So wie der Rhein alle diese Projekte miteinander verband, so gab er nun aber auch den Badenern, Elsässern und Schweizern Gelegenheit für ganz neue Begegnungen. Man gründete Komitees und Bürgerinitiativen. Man informierte; man besetzte Tag und Nacht die Bauplätze; man führte Prozesse gegen die Firmen und gegen den Staat; man lebte eine ganz reale grenzüberschreitende Zusammenarbeit...; und alle entdeckten, aufgeweckt durch die ökologischen Realitäten, die gemeinsamen Interessen der Bevölkerung in der Region, oft kulturelle, manchmal sprachliche und immer menschliche. Die ökologische Bewegung will nicht den Staat zerstören und die Kultur auflösen, das Land verwandeln in ein formloses Magma ohne Geschmack, ohne Tradition, ohne sozialen Zusammenhang. Ganz im Gegenteil! Aber sie hat immer für eine ganzheitliche Betrachtungsweise der Probleme und der Lösungen plädiert. Damit das hohle Gerede aufhört und stattdessen die Flüsse gerettet werden, das Grundwasser, die Wälder, die Luft und die menschliche Gesundheit, müssen die Staaten ein Gutteil ihrer Starre beenden und sich ernsthaft um die Konsequenzen ihrer Handlungen für Land und Leute und Nachbarländer kümmern. Frankreich, das Land, in dem ich wohne, hat in dieser Hinsicht noch sehr viele Fortschritte zu machen.

Im Lauf unserer Kämpfe haben die, die es noch nicht wußten, entdeckt, daß die wirklichen Grenzen nicht jene sind, welche die Machthaber zwischen den Bevölkerungen unserer Länder gezogen haben, sondern jene, die existierten und immer noch existieren, oft unsichtbar, im Inneren jedes Landes, zwischen der Bevölkerung und den Lobbies, den Interessengruppen. Ich erinnere mich immer an jenen badischen (also deutschen) Winzer, der, nach monatelanger gemeinsamer Aktion und Platzbesetzung – also auch nach monatelangem Austausch und Umgang mit Elsässerinnen und Elsässern – ausrief: "Ich habe entdeckt, daß wir Brüder sind, daß wir geschaffen sind, zusammen zu leben, daß uns die Politiker und die großen Führer der Vergangenheit belogen haben. Wenn ich daran denke, daß wir einmal aufeinander geschossen haben über den Rhein! Was für eine Verrücktheit! Wenn die großen Herren in Bonn und Paris eines sowas eines Tages wieder machen würden, werden wir NEIN sagen, wir marschieren nicht mehr, denn wir haben etwas anderes gelebt". Mögen sich diese guten Einsichten doch über die ganze Welt verbreiten (er ist ja so klein, unser Planet!). Möge die Erinnerung nicht verblassen. Ich werde nun in 6 Fällen den Kampf beschreiben, der in der Region des Oberrhein stattgefunden hat. Ich spreche also von einer Periode ungefähr zwischen 1970 und 1980 mit gelegentlichen Ausläufern in die 80er Jahre.

1. Im Juli 1970 wurde bekannt, daß bei Fessenheim im Elsaß ein Atomkraftwerk mit 2 Reaktorblöcken gebaut werden sollte. Es ist das einzige Projekt dieser Art, das am Oberrhein realisiert werden konnte. Die ebenfalls vorgesehenen Reaktorblöcke 3 und 4 konnten verhindert werden. Der Kampf gegen Block 1 und 2 geht weiter und wird erst mit Schließung beendet, nach dem Einstieg in den Ausstieg aus der französischen Nuklearpolitik.

2. Im Frühling 1971 gab die Landesregierung von Baden.Württemberg bekannt, daß auf dem rechten Rheinufer in Breisach 4 Reaktorblöcke gebaut werden sollten. Im Mai entstand dann völlig unerwartet in der Bevölkerung ein ständig wachsender Widerstand gegen dieses Projekt.

3. Im Sommer 1974 wollte die deutsche Firma CHEMISCHE WERKE MÜNCHEN bei MARCKOLSHEIM, auf der elsässischen Seite und 15 km von Breisach entfernt ein Bleichemiewerk bauen. Zuvor war das Projekt schon von 3 anderen französischen und deutschen Gemeinden abgelehnt worden. Eine fünfmonatige Platzbesetzung durch die Bevölkerung beendete das Projekt.

4. Ende 1973 feierte das in Breisach gescheiterte Nuklearprojekt in Wyhl (Baden) zwischen Breisach und Straßburg seine Auferstehung. Demonstrationen, Round-Table-Debatten, massive Konfrontation mit der Polizei, länger als 1 Jahr Platzbesetzung, Prozesse – und ein ständig wachsender Druck aus der Bevölkerung erreichten, daß die Firma BADENWERK und die Regierung von BADEN-WÜRTTEMBERG nachgeben mußten. Kein Atomkraftwerk in Wyhl!

5. Seit 1966 versucht die Firma MOTOR COLUMBUS AG ein Atomkraftwerk in KAISERAUGST zu bauen, 19 km von Basel entfernt auf der schweizer Rheinseite. Viele Versammlungen und Gegenversammlungen, Voten und Diskussionen, wie es die schweizer Verfassung erlaubt. 1970 erfahren auch Elsässer und Badener von dem schweizer Atom-Projekt. Baubeginn am 24.März 1975, am 1.April werden die Bauerbeiten blockiert und der Platz wird von der Bevölkerung besetzt, und zwar bis zum 19.Mai 1975. Heute ist das Atomkraftwerk immer noch nicht gebaut.

6. Damals existierte eine Liste mit Orten am Oberrhein, die für weitere Atomkraftwerke in Betracht kamen. Im Dezember 1976 errichtete die ELECTRICITÉ DE FRANCE auf einem Platz bei GERSTHEIM (Elsaß) zwischen Wyhl und Straßburg einen meteorologischen Mast, das deutliche Zeichen, daß hier gebaut werden sollte. In der Tat fanden sich beim Bürgermeister Pläne für 4 Reaktorblöcke für jeweils 1300 Megawatt. Sieben Monate Platzbesetzung. Der Mast wird abgebaut, das Projekt ist in der Bevölkerung bekannt geworden und wird abgewiesen.

Diese sechs Felder der Kämpfe und des ökologischen Engagements waren wie gesagt eine Schule des Lebens, des Bürgersinns, der individuellen und kollektiven Verantwortlichkeit, der Bewußtwerdung von Grundwerten, der Entwicklung und Weiterbildung eines jeden. Die Kaste der Entscheider und Bestimmer, die sich grundsätzlich eine Verfügungsgewalt anmaßen über Leben und Schicksal der Menschen, sah sich konfrontiert mit einer Bevölkerung, die hellwach war, erfinderisch, funkelnd, couragiert, zutiefst gewaltfrei und zivilisiert. Die Technokraten und Utopisten der Überentwicklung mußten sich auf den gesunden Menschenverstand anständiger Leute einstellen.

Diese Aktionen waren und werden es auch künftig weiterhin sein: grenzüberschreitend, auch wenn es den Nationalisten und anderen, die Haß und Entzweiung säen, nicht gefällt. Die Liebe und die Achtung vor den natürlichen Elementen (Wasser, Luft, Erde, Raum-), notwendige Voraussetzungen für ein lebenswertes Leben, schließen Liebe und Achtung des Nachbarn ein, Teilhabe an seiner Kultur, lernbereites Interesse an seiner Sprache. Wir haben mit einem großen Gelächter geantwortet, als Herr Sicurani, der Präfekt der Region Elsaß, den Deutschen vom rechten Rheinufer verbieten wollte, die Grenze zu überschreiten, um uns Elsässern im Kampf gegen das deutsche Projekt (!) eines Bleichemiewerks zu helfen. Unverzüglich war die Rheinbrücke von Deutschen und Franzosen gemeinsam besetzt, und der Verkehr kam vollkommen zum Stillstand. Der Präfekt mußte einen Rückzug antreten, gefangen in der Falle seiner eigenen Ungerechtigkeit. Das Geld und die Umweltzerstörung kennen keine Grenzen. Warum also sollten sich die Bevölkerungen trennen lassen?

In jener Epoche war das Thema Ökologie vollkommen neu, und unsere Rebellion gegen die kriminellen Projekte, welche die öffentliche Gesundheit bedrohten, kam vollkommen unerwartet. Erst die Berichte über die Sache selbst und unsere Aktionen haben dafür gesorgt, daß ökologisches Denken im Bewußtsein der Leute Einlaß fand. Jahrelang kamen alle Ideen und Initiativen von unten. Keine einzige politische Partei hatte sich ernsthaft mit dieser Frage beschäftigt, geschweige denn engagiert. Die Kommunisten z.B., sowohl die nach Moskau als auch die nach Peking orientierten, wollten schon ganz gerne teilhaben an der Popularität der Revolte, hier, im Westen, aber gleichzeitig mußten sie die Atomindustrie loben in ihrer jeweiligen politischen Heimat, in Peking also oder in Moskau... Insgesamt kann man sagen, unsere Politiker vom Bürgermeister bis zum Abgeordneten waren kaum informiert in den ökologischen Fragen. Für lange Zeit hatten diese eh nichts gegolten, warum also jetzt sich in Schwierigkeiten bringen, d.h. im Gegensatz zu den offiziellen Thesen? Die Politiker, wenn sie nicht von der Basis in den Hintern getreten werden, bleiben in ihrer Mehrheit doch recht klassisch, also Karrieristen.

Von den drei Ländern, von denen wir sprechen, hat Frankreich noch am meisten mit einer Art Kabinettspolitik zu kämpfen. Das Volk "schwätzen" lassen, aber dann um jeden Preis realisieren das, was die großen Geister aus der ECOLE NATIONALE DE L’ADMINISTRATION, aus der POLYTECHNIQUE und aus dem SERVICE DES MINES in den Kulissen ausgekocht haben. Alle Entscheidungen, die z.B. die Atompolitik betreffen, werden per Regierungsdekret gefällt und nicht durch parlamentarische Entscheidungen. Denk nicht! Akzeptiere! Und sei still! Während der jahrelangen Kämpfe haben wir, die Bürgerinitiativen und die badische, schweizerisch und elsässische Bevölkerung, eine Menge Dinge lernen müssen.

Von höchster Bedeutung war für uns, daß es uns gelungen ist, in denselben Aktionen verschiedene Menschen zu einigen, Junge und Alte, Städter und Dörfler, Intellektuelle und Bauern, Wissenschaftler und Künstler, denn unsere Gegner hatten das Interesse, die Bevölkerung zu spalten, um besser regieren und die Projekte durchziehen zu können. Das gegenseitige Vertrauen mußte langsam aufgebaut werden, und es brauchte Fingerspitzengefühl und sehr viel Geduld. Jeder hat gelernt, jeder mußte sich öffnen und seine eigenen Werte relativieren. Der sogenannte Kommunist erschien etwas weniger teuflisch (ein Problem der Deutschen); der Bauer und der Winzer wurde ein bißchen Student; der Student fand Geschmack am Acker, lernte die Mistgabel zu händeln und die Axt- und etwas einfacher zu reden.

Im Rahmen der Wyhler Geschichte wurde die "Volkshochschule Wyhler Wald" gegründet, die zunächst für Kultur sorgte auf dem besetzten Platz, dann, im Lauf der Jahre auch in den Dörfern der Umgebung. Viefalt der Themen und Unterschiedlichkeit der Vortragenden, nicht nur Deutsche und Franzosen, ebenso amerikanische Wissenschaftler, Indianer, buddhistische Mönche, persische Ärzte, Ökologen aus Brasilien. Eine pragmatische und fruchtbare Brüderlichkeit.

Im Gegensatz zu jenem Schwur von Straßburg von 842 – ich habe zu Beginn davon gesprochen – haben im Rahmen der Auseinandersetzung um Gerstheim 60 Gemeinden vor den deutschen und französischen Medien einen Pakt für gegenseitige Hilfe unterzeichnet, um das Nuklear-Projekt zu verhindern. Im Gegensatz zu Karl dem Kahlen und Ludwig dem Deutschen hatten wir keine heimlichen Hintergedanken; wir handelten im Interesse der Bewohner dieser Region und ihrer Nachkommen. Das wurde dann der Schwur des Volkes von Gerstheim. Wir haben außerdem begriffen, daß Erfolge andere Erfolge nach sich ziehen. Denn viele Leute kommen nur, wenn sie sehen, daß auch gewonnen wird.

Der Kampf um Fessenheim, der immer noch andauert, hat uns gezeigt, daß man immer mindestens einen Teil der Einwohner in einer betroffenen Gemeinde auf seiner Seite haben muß. Es genügt nicht, mit Tausenden, die von auswärts angereist sind, zu demonstrieren. Aus diesem Grund trachtet ja auch die Industrie danach, die Leute in einer betroffenen Gemeinde zu kaufen. Des weiteren genügt es nicht, immer nur unter seinesgleichen zu bleiben, unter Ökologen. Man muß das Interesse wecken bei allen Gruppen der Bevölkerung, sonst wird man marginalisiert. Tausende in unserer Region konnten aus nächster Nähe studieren, wie die Technokraten und "Spezialisten" bereit sind, Lügen und Halbwahrheiten zu verbreiten, aus professioneller Disziplin, aus Gewinnsucht, oder einfach, weil sie zu einer speziellen Kaste gehören. Aber diese einfachen Leute aus dem Volk, lassen sich jetzt keine Märchen mehr erzählen; sie haben nicht mehr dieses Unterlegenheitsgefühl; sie können jetzt öffentlich reden und die "Gekauften" demaskieren.

Muß man es sagen? Es gab finanziell nichts zu gewinnen bei unseren Aktionen. Im Gegenteil, sehr viele Leute haben im Rahmen ihrer Möglichkeiten aus eigener Tasche in die Bewegung investiert. Wie die Geburt, der Tod, die Liebe, die Freude, der Sonnenaufgang, die angenehme Landschaft... unser Unternehmen war und bleibt gratis. Aber es ist natürlich ganz normal, daß immer mehr Menschen künftig ihren Lebensunterhalt verdienen, indem sie Sonnenkollektoren bauen, Windmotoren, Isolationen etc.... Denn wir wollen nicht nur Nein sagen. Unsere Aufgabe ist es, auch Alternativen aufzuzeigen. So würden zum Beispiel Gasturbinen sehr gut die Reaktoren von Tschernobyl ersetzen, selbst wenn FRAMATOME, SIEMENS, ELECTRICITE DE FRANCE um jeden Preis euch schon wieder Atomkraftwerke verkaufen wollen. Laßt Euch nicht hereinlegen: Nicht alles, was im Westen glänzt, ist Gold! Wenn man darauf wartet, daß man für die Rettung des Astes, auf dem man sitzt, auch noch bezahlt wird, dann kann das bös enden.

Ach, fast hätte ich es vergessen! Eines Tages veröffentlichte ein Geschichtsprofessor und Politiker im Elsaß einen Zeitungsartikel, in dem er sagte, wir, die Gegener der Atomindustrie, würden vom KGB bezahlt. Wir haben einen Prozeß wegen Beleidigung angestrengt und haben ihn gewonnen.

Ein Prinzip unserer Kämpfe war immer die Gewaltlosigkeit. Warum? Zunächst einmal, weil unsere Gegner bedeutend mehr Mittel haben, um wirklich gewalttätig zu werden. Sie schicken dann andere, um die Drecksarbeit machen zu lassen. Zweitens weil wir denken, daß die Gewalt die Menschen nicht verändert. Wenn wir gewalttätig sind, liefern wir unseren Gegnern alle Rechtfertigungen für noch mehr Gewalt von seiner Seite. Aber umgekehrt, wenn wir den anderen Weg wählen, bieten wir ihm eine Gelegenheit, nachzudenken, sich zu ändern, oder aber, wenn er halsstarrig bleibt, in aller Öffentlichkeit sein wahres Gesicht der Ungerechtigkeit zu zeigen und nach und nach die Sympathie der Leute zu verlieren. Der Ministerpräsident des Landes Baden-Württemberg, Hans Filbinger, hat während der Wyhler Geschichte diese Erfahrung gemacht. Seine Lügen und seine Polizeigewalt haben ihm politisch das Genick gebrochen. Er wollte sich nicht ändern.

Die gewaltfreie Methode hat gleichwohl nichts zu tun mit Naivität und Schlaffheit; im Gegenteil, sie braucht die genaue Analyse, Kreativität, Beweglichkeit, Psychologie, Mut und den Geist der Solidarität. Es ist keineswegs verboten, die Kraft des Gegners auszubeuten, um sie möglicherweise zu neutralisieren. Immer ist es ratsam, den Dialog zu suchen. Man muß dem Gegener einen Ausweg lassen. Unser Ziel ist nicht der Haß, sondern Wahrheit und Gerechtigkeit. Auch der gerechte Zorn hat seinen Platz in diesem Prozeß, denn der kühle Verstand allein genügt vielen nicht als Antrieb, wenn sie den Graben überspringen wollen vom Gedanken zur Tat. Aber dieser Zorn muß sich beherrschen können und darf nicht das Ziel aus den Augen verlieren. Man könnte auch sagen, je größer die Zahl der aktiven Teilnehmer ist, desto schwerer wird es dem Gegner, über eine derartige Bewegung einfach hinwegzugehen. Schließlich, die Praxis hat gezeigt, daß es immer von Vorteil ist, auf zwei oder mehreren Pfaden voranzugehen (Information, Dialog, direkte Aktion, Besetzung, Prozeß, Beteiligung an Wahlen etc.), und nicht nur auf einem, denn der Gegner trachtet immer danach, uns direkt anzugehen oder zu umgehen.

Hier halte ich inne. Obwohl das Erlebte in Wirklichkeit zwingender war und reicher als das, wovon ich Ihnen mit meinen Darlegungen eine Ahnung zu geben versucht habe.

Ich bedanke mich für Ihre Aufmerksamkeit.
Jean-Jacques Rettig:

Fußnote zu dem Rede-Manuskript von Jean Jacques Rettig «Le régionalisme des années 70»:


Von Walter Mossmann

"Über den Zeitraum von fünf Jahren (1997–2001) fand im Rahmen der Städtepartnerschaft Freiburg/Lemberg und gefördert u.a. von der Heinrich-Böll-Stiftung Berlin das großangelegte Projekt GESPRÄCH ÜBER GRENZEN statt: zwei europäische Grenzregionen begegnen sich, die deutsch-französische am Oberrhein und die polnisch-ukrainische an den Flüssen San und Bug. Leitung: Walter Mossmann und Taras Wozniak. Den Abschluss des Projekts markierte eine internationale Konferenz am 22.–25. Mai 2001 in Lemberg/Lwiw (Ukraine) und Przemysl (Polen) mit der Fragestellung: «Was folgt auf die Osterweiterung der EU ? – Der Fall Ukraine/Polen»

Zur zweiten Konferenz GESPRÄCH ÜBER GRENZEN in Lemberg/Lwiw (5. - 8. Juni 1998) hatte ich Jean Jacques Rettig als Referenten eingeladen, damit er den ukrainischen Teilnehmern die Geburt der westeuropäischen Ökologiebewegung in unserer oberrheinischen Grenzregion darstellen sollte. Außerdem sollte er am Beispiel seiner Familiengeschichte den ukrainischen Studenten zeigen, dass ihre eigene wechselhafte galizische Regionalgeschichte zwischen den Mächten Polen, Österreich, Sowjetunion und dem Deutschen Reich eine westliche Entsprechung in den elsässischen Tragödien des 19. und des 20. Jahrhunderts findet. Die Rede von Jean Jacques hat in Lemberg starken Eindruck hinterlassen, noch Jahre später wurde ich dort darauf angesprochen.

Das französische Redemanuskript von Jean Jacques Rettig wurde wie alle anderen Texte des Projekts (u.a. von Adam Zagajewski, Mykola Rjabtschuk, Stanisław Jerzy Lec, Emilia Ohar, Halyna Petrosaniak, Georg Trakl, Johann Peter Hebel, August Graf von Platen, Heinrich Heine, Ivan Goll, Hans Arp, André Weckmann, Walter Mossmann, Wolfgang Heidenreich) in die jeweils anderen Konferenzsprachen übersetzt (polnisch/ukrainisch/französisch/deutsch) und im März 2001 in einem 500 Seiten starken Sammelband veröffentlicht. "
Quelle





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Dieser Artikel wurde 4074 mal gelesen und am 22.11.2016 zuletzt geändert.